Être post-doc en Norvège

Aujourd’hui, un petit « question-réponse » sur être post-doc en Norvège.

Être post-doc c’est quoi ?

Pour faire simple, un post-doc, c’est un contrat de chercheur à durée déterminée, le plus souvent financé par l’état (1, 2, voire même 5 ans des fois), prolongeable éventuellement. Pour prétendre à un post-doc, il faut avoir passer sa thèse et donc être docteur en une certaine discipline.

Comment as-tu trouvé ton poste ? As-tu eu d’autres proposition ? 

J’ai trouvé mon post-doc lors d’un congrès scientifique. On est alors début Juillet, le manuscrit est quasiment terminé et les thésards de dernière année sont en pleine recherche de travail pour la suite. En plein repas le midi, je déjeune avec des collègues de mon labo et d’un labo avec lequel j’avais collaboré au cours de ma thèse. En discutant, on en arrive à parler de mon futur et que je cherchais un post-doc à l’étranger. C’est alors que le directeur de ce labo me parle d’une chercheuse en Norvège qui souhaitait engager un post-doc ayant un profil proche du mien. J’ai donc été mis en contact avec cette chercheuse, tout d’abord par mail. Je me présente, envoie mon CV et décris mon activité en thèse, documents à l’appui. Ensuite, deux entretiens sur skype auront lieu après les vacances d’été, fin Août-début Septembre. Compte-tenu des rares propositions de post-doc à cette période et après discussions avec mes directeurs de thèse et Carole, j’ai accepté le poste.
J’ai eu quelques autres propositions de post-doc mais rien de concret. On te propose toujours un projet alléchant, mais il manque toujours le plus important, l’argent. Tous étaient en attente de financement, sauf le post-doc en Norvège.

Est-ce que tu ciblais la Norvège ?

Je visais surtout un pays anglophone à la base. La Canada, les US, l’Angleterre aussi. Le projet était de toute façon d’avoir une expérience à l’étranger ce qui est indispensable dans mon domaine. Cependant, il faut avouer que dans mon domaine, je n’avais pas énormément de choix concernant les destinations. Lorsque j’ai eu ce contact avec la possibilité d’un post-doc en Norvège, je me suis rappelé les 6 mois que j’avais passé en stage à Oslo 4 ans auparavant. C’était une très belle expérience qui m’avait donné une très bonne image de la Norvège. Disons que, finalement, ce passage à Oslo m’a aidé à peser le pour et le contre d’une expérience de post-doc en Norvège.

Niveau administratif est ce que cela nécessitait beaucoup de papier ? 

Il faut savoir que la Norvège n’est pas membre de l’Union Européenne mais fait tout de même partie de l’espace Schenghen. Ainsi, en tant que ressortissant de l’UE, beaucoup de formalités sont simplifiées (surtout comparé à mes collègues russes qui ont eu beaucoup plus de papiers à fournir que moi). Le fait d’être Français et d’avoir déjà un contrat de travail signé m’a permis de gagner énormément de temps. J’ai dû quand même prendre plusieurs rendez-vous à la police et aux impôts, ce qui m’a pris au final 3 bons mois pour pouvoir tout régler. Le rendez-vous à la police se fait en premier pour se déclarer auprès de l’État. Ensuite, on obtient une attestation de déclaration qu’il faut déposer aux impôts car ce sont eux qui gèrent tout l’aspect administratif. Toutes les informations personnelles, d’impôts, de sécurité sociale, etc, sont centralisées au centre des impôts. Il faut aussi savoir que les impôts sont prélevés à la source ici et que tant que l’on n’est pas enregistré aux impôts, on est taxé au maximum (aie). C’est pourquoi il est essentiel de faire ses démarches au plus vite sous peine de bien se faire taxer. Néanmoins, pas de panique, une fois enregistré, le surplus d’impôts payés durant les premiers mois est reversé à la fin de l’année fiscale qui se situe en Avril. Par ailleurs, la Norvège a instauré il y a quelques années un programme de réduction d’impôts durant 2 ans pour les étrangers, afin de favoriser l’immigration. Ce n’est pas énorme mais c’est toujours bon à prendre.

Quelles sont les différences majeures que tu constates ? Horaires de travail, qualité de vie, pression ? 

La différence qui saute aux yeux, ce sont les horaires de travail. Ici, les gens ont tendance à venir travailler tôt (7-8h le matin) pour finir plus tôt (vers 15h30-16h). Au début, je me disais, en bon français, « mais quelle bande de feignasses ceux-là » mais en regardant de plus près, ils ont tout compris en fait ! La pause déjeuner ne dure rarement plus de 30 min. Ce qui leur permet de terminer plus tôt et de profiter de leur famille, enfants, amis après le travail. Et oui, en Norvège, on a une vie après le travail. D’ailleurs ici, il est fréquent de partir plus tôt s’il fait beau car ce serait dommage de ne pas en profiter…citation véridique de la part d’un norvégien! Quoi de plus agréable que d’aller se balader, faire du vélo, du ski de fond après le travail. Et tout cela sans sacrifier la productivité au travail. En même temps, en France, on est rarement productif 100% du temps sur une journée de 9-10h de travail. Pour ce qui est de la pression, disons que ça reste un laboratoire de recherche avec des échéances et donc des coups de rush par moment mais on sent malgré tout une atmosphère plus zen qu’en France en général. Ceci s’applique aussi pour la vie de tous les jours…

Quelle est l’ambiance dans ton labo ? 

Pour cette question, je vais être assez subjectif car j’ai passé ma précédente – et première – expérience dans le monde du travail dans un laboratoire avec une très bonne ambiance, une vie de groupe. En arrivant ici, cela m’a fait comme un petit choc du point de vue ambiance. Déjà, nous ne sommes que 5, moi compris, dans notre équipe quand nous étions plus de 35 dans mon ancienne équipe. Forcement, c’est beaucoup plus calme.  De plus, il n’y a pas vraiment de pauses café le matin, etc. Mais il est vrai que la configuration du laboratoire n’aide pas beaucoup. Le laboratoire est découpé en plusieurs équipes travaillant, dans la plupart des cas, chacun de leur côté et à différents endroits du bâtiment (répartis sur 4 étages dans notre cas). Ce n’est pas comme dans mon ancien laboratoire où tout le monde avait son bureau à côté de ses collègues. Ici, je suis voisin avec un doctorant de mon équipe. Je déjeune tous les jours avec 2 collègues (le doctorant et un jeune chercheur). Et depuis peu, on a lancé le « Friday cake ». Chaque vendredi, on doit ramener à tour de rôle un gâteau. Nous étions 3 au départ, mais un 4ème collègue est venu se rajouter. En espérant faire perdurer cette tradition…
Je dirais donc que l’ambiance est assez agréable pour la vie de tous les jours.

Peut-on vivre avec un salaire de post-doc dans un pays aussi cher que la Norvège ? 

Clairement le salaire est un point assez intéressant en Norvège, comparé à un salaire moyen de post doc français. Disons que par mois, je touche environ 30 à 40% de plus qu’un post-doc en France. De plus, il faut savoir qu’en Norvège, l’impôt est prélevé à la source. Ainsi, quand je touche mon salaire, je n’ai pas besoin de mettre de l’argent de côté en vue des impôts de l’année prochaine. Vous allez me dire que la différence de salaire est absolument énorme. Et bien, si l’on regarde le coût de la vie, pas tant que ça finalement. La quasi-totalité des services, de la nourriture, le loyer, etc., sont bien plus chers qu’en France. Au final, je pense que le pouvoir d’achat est néanmoins sensiblement supérieur à celui en France. Seul, il est possible de bien vivre, faire des activités sans vraiment compter tout en mettant de l’argent de côté. À deux, il faut être un peu plus regardant sur les comptes si l’on veut mettre de l’argent de côté. Pour résumer, les salaires en Norvège sont plutôt généreux et l’on vit bien ici.

Et la suite ? 

C’est une très bonne question ! Pour être franc, moi-même je ne le sais pas. J’ai bien sûr des petites idées dans la tête, des plans à plus ou moins long terme mais finalement je me rends compte qu’il faut profiter de l’instant présent au lieu de penser sans cesse au futur. Disons que la suite dépend de beaucoup de paramètres que je ne maitrise pas encore.
 
 
 

3 thoughts on “Être post-doc en Norvège”

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